La France traverse-t-elle une crise économique, sociale et humaine majeure ?
Entreprises, emploi, pauvreté, santé, logement, travail, démographie… ce que révèlent réellement les principaux indicateurs français (2025-2026)
Crise économique, sociale, sanitaire, éducative, démographique, institutionnelle ou encore environnementale : les signaux d’alerte semblent aujourd’hui se multiplier dans presque tous les domaines. Mais que montrent réellement les chiffres lorsque nous cessons de les observer séparément ?
Cette analyse s’appuie sur les principales données publiques disponibles concernant la situation économique, sociale, sanitaire, démographique et institutionnelle de la France.
Son objectif n’est ni de dramatiser la situation ni de chercher à démontrer artificiellement que tout se dégrade. Il vise à distinguer les évolutions conjoncturelles des tendances structurelles, à replacer chaque donnée dans le temps et à faire apparaître les éventuelles interactions entre des phénomènes habituellement analysés de manière cloisonnée.
Car lorsque les fragilités économiques, humaines, sociales, sanitaires et institutionnelles s’accumulent et commencent à s’alimenter mutuellement, une question devient légitime : Sommes-nous encore face à une succession de crises indépendantes, ou aux différentes manifestations d’un déséquilibre beaucoup plus profond ?
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Cette analyse repose sur les dernières données publiques disponibles au 25 juillet 2026 (INSEE, Banque de France, DARES, DREES, Assurance Maladie, Santé publique France, Ministère de l’Intérieur, Ministère de l’Éducation nationale, etc.).
Lorsque plusieurs sources coexistent ou que les données présentent des limites méthodologiques, celles-ci sont explicitement précisées.
L’objectif n’est pas de démontrer une thèse, mais de proposer une lecture transversale et documentée des principaux indicateurs français et de questionner notre manière d’observer notre société.
Une crise économique, sociale, humaine et systémique en France ?
Les données ne permettent pas d’affirmer que tous les indicateurs français se dégradent simultanément. Certains se stabilisent, certains évoluent lentement et d’autres doivent être interprétés avec prudence.
Elles montrent néanmoins une accumulation inhabituelle de tensions :
- près de 70 100 défaillances d’entreprises sur douze mois ;
- un chômage remonté à 8,1 %, contre 7,4 % un an auparavant ;
- 5,82 millions d’inscrits à France Travail en catégories A, B et C en mai 2026 ;
- un pouvoir d’achat individuel en baisse de 0,7 % en 2025 ;
- un taux de pauvreté maintenu à son plus haut niveau depuis le début de la série statistique en 1996 ;
- près d’un adulte sur six ayant connu un épisode dépressif caractérisé en 2024 ;
- des dépenses d’indemnités journalières maladie en hausse de près de 28 % entre 2019 et 2023 ;
- une progression des maladies professionnelles et notamment des affections psychiques reconnues ;
- des naissances inférieures de 24 % à leur niveau de 2010 ;
- un solde naturel devenu négatif entre le ratio des naissances et des décès en 2025 pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Pris séparément, ces chiffres relèvent de domaines différents. Pris ensemble, ils documentent une fragilisation économique, sociale, sanitaire, professionnelle et démographique suffisamment importante pour justifier une lecture systémique.
Entreprises : un niveau historique de défaillances
Défaillances d’entreprises
À fin mai 2026, la Banque de France comptabilise 70 077 défaillances d’entreprises en cumul sur douze mois.
Le chiffre recule très légèrement par rapport à avril 2026, où il atteignait 70 257, mais reste supérieur :
- aux 68 961 défaillances observées à fin janvier 2026 ;
- aux 67 340 recensées à fin juin 2025 ;
- et très largement aux niveaux observés avant la crise sanitaire.
Entre juin 2025 et mai 2026, la progression est d’environ 4 %.
La légère baisse mensuelle de mai ne constitue donc pas encore un retournement durable : elle correspond davantage à une stabilisation sur un plateau historiquement élevé.
Source : Banque de France
| Périodes | Défaillances sur 12 mois | Évolutions |
|---|---|---|
| Juin 2025 | 67 340 | / |
| Janvier 2026 | 68 961 | +2,4 % depuis juin |
| Mars 2026 | 69 938 | +3,9 % depuis juin |
| Avril 2026 | 70 257 | Point haut récent |
| Mai 2026 | 70 077 | -0,3 % sur un mois ; environ +4 % sur un an |
Mise en perspective sur cinq ans
La comparaison avec 2020 ou 2021 doit être utilisée avec prudence, car les dispositifs exceptionnels de soutien aux entreprises avaient artificiellement réduit les défaillances pendant la crise sanitaire.
La tendance de fond demeure cependant claire : après cette période de suspension, les défaillances ont fortement rebondi et dépassent désormais leur niveau moyen d’avant-Covid.
La Banque de France attribue cette hausse à plusieurs facteurs conjugués :
- chocs économiques successifs ;
- hausse des coûts ;
- fragilisation des trésoreries ;
- remboursement des dettes contractées durant la crise sanitaire ;
- incertitudes économiques ;
- augmentation du nombre total d’entreprises actives.
Le nombre de créations reste lui-même dynamique : plus de 1,2 million d’entreprises ont été créées sur les douze mois précédant avril 2026, soit +9,3 % sur un an. Le nombre brut de défaillances doit donc être rapproché de cette croissance du tissu entrepreneurial.
Source : Banque de France
La France ne connaît pas une explosion soudaine des défaillances en mai 2026, mais leur stabilisation est à un niveau historiquement très élevé, proche de 70 000 procédures sur douze mois.
Il faut bien évidemment éviter de confondre : défaillance d’entreprise (qui correspond à l’ouverture d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire), fermeture volontaire, cessation d’activité ou encore radiation administrative.
Emploi et chômage : un retournement perceptible
Chômage au sens du BIT (Bureau International du Travail)
Au premier trimestre 2026, le taux de chômage atteint 8,1 % de la population active en France hors Mayotte, soit environ 2,6 millions de personnes.
Il progresse :
- de 0,2 point en trois mois ;
- de 0,7 point en un an ;
- et de 0,8 point depuis la fin de 2024.
| Périodes | Taux de chômage |
|---|---|
| T4 2024 | 7,3 % |
| T1 2025 | 7,4 % |
| T2 2025 | 7,6 % |
| T3 2025 | 7,7 % |
| T4 2025 | 7,9 % |
| T1 2026 | 8,1 % |
Le taux de chômage des 15-24 ans atteint 21,1 % au premier trimestre 2026.
Source : INSEE
Inscrits à France Travail
Au premier trimestre 2026, la France compte 5 728 000 inscrits en catégories A, B et C. Ce chiffre baisse de 0,3 % sur le trimestre, mais demeure supérieur à son niveau de l’année précédente. Source : DARES
En mai 2026, leur nombre atteint 5 823 700, soit une hausse mensuelle de 0,8 %. Source : DARES
Ces données ne sont pas directement équivalentes au chômage au sens du BIT :
- le chômage BIT mesure les personnes sans emploi, disponibles et recherchant activement un travail ;
- les catégories A, B et C intègrent aussi des personnes ayant exercé une activité réduite.
Après plusieurs années de relative résistance du marché du travail, la France connaît depuis début 2025 une remontée progressive du chômage, tandis que plus de 5,8 millions de personnes restent inscrites à France Travail en catégories A, B et C.
RSA, précarité et pauvreté
Les dernières données nationales consolidées disponibles indiquent environ 1,79 million de foyers bénéficiaires du RSA au troisième trimestre 2025, contre environ 1,80 million un an auparavant.
Le nombre de foyers ne connaît donc pas, à cette date, d’explosion nationale : il baisse légèrement d’environ 1 %. Source : CAF
| Périodes | Foyers bénéficiaires |
|---|---|
| T3 2024 | Environ 1,804 million |
| T3 2025 | Environ 1,786 million |
| Évolution | Environ -1% |
Cette baisse doit être interprétée prudemment. Elle ne signifie pas nécessairement une diminution équivalente de la précarité, car l’accès au RSA dépend :
- des ressources déclarées ;
- de l’éligibilité administrative ;
- du non-recours ;
- des sorties vers d’autres prestations ou statuts ;
- des évolutions des règles et du marché du travail.
Le RSA ne devra donc pas être présenté comme l’indicateur principal de la crise sociale, mais comme l’un de ses éléments.
Pauvreté monétaire
La pauvreté monétaire mesure la part d’une population dont les revenus sont inférieurs à un seuil défini par rapport au niveau de vie médian. En France et en Europe, elle s’établit généralement à 60 % du niveau de vie médian.
En 2024, 9,8 millions de personnes vivant en logement ordinaire en France métropolitaine se situent sous le seuil de pauvreté de 1 337€ mensuels pour une personne seule.
Le taux de pauvreté atteint 15,4 %. Il est stable par rapport à 2023, mais demeure à son plus haut niveau depuis 1996. Source : INSEE
Parmi les moins de 18 ans, le taux atteint 22,4 %, soit près de 2,92 millions d’enfants et d’adolescents. Source : INSEE
Autre donnée particulièrement pertinente : 21,5 % des agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprise concernés par la statistique vivent sous le seuil de pauvreté. Source : INSEE
Le nombre de bénéficiaires du RSA n’explose pas, mais la pauvreté monétaire reste à son plus haut niveau depuis près de trente ans, avec plus d’un enfant sur cinq concerné.
Inflation, niveau de vie et pouvoir d’achat
Le reflux du taux d’inflation ne signifie pas que les prix sont revenus à leur niveau antérieur. Il signifie simplement qu’ils augmentent moins rapidement.
En 2025, l’indice des prix associé à la consommation des ménages augmente encore de 0,8 %, après +2,2 % en 2024. Dans le même temps, le pouvoir d’achat global du revenu disponible brut des ménages diminue de 0,4 %.
Ramené à une unité de consommation, c’est-à-dire en tenant compte de la taille et de la composition des ménages, le pouvoir d’achat recule de 0,7 %, après une hausse de 2,2 % en 2024. Source : INSEE
| Indicateurs | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| Inflation mesurée par le prix de la consommation des ménages | +2,2 % | +0,8 % |
| Pouvoir d’achat global | +2,7 % | -0,4 % |
| Pouvoir d’achat par unité de consommation | +2,2 % | -0,7 % |
| Consommation des ménages en volume | / | +0,4 % |
Au troisième et au quatrième trimestre 2025, le pouvoir d’achat par unité de consommation recule successivement de 0,4 %, puis de 0,3 %. Source : INSEE
La crise inflationniste s’est atténuée, mais son reflux n’a pas restauré le niveau de vie antérieur. En 2025, le pouvoir d’achat individuel moyen recule alors même que les prix continuent d’augmenter.
Il est plus juste d’écrire « érosion durable du niveau de vie » que « inflation galopante », cette dernière formulation n’étant plus compatible avec les données de 2025-2026.
Santé mentale : une dégradation désormais quantifiée
Dépression
Selon le Baromètre de Santé publique France, 15,6 % des adultes de 18 à 79 ans ont connu un épisode dépressif caractérisé au cours de l’année 2024. Cela correspond à près d’un adulte sur six.
La prévalence atteint :
- 18,2 % chez les femmes ;
- 12,8 % chez les hommes.
Plus d’une personne concernée sur deux n’a consulté aucun professionnel de santé ou de santé mentale. Source : Santé publique
Les jeunes adultes sont particulièrement exposés. En 2021, 20,8 % des 18-24 ans étaient concernés par la dépression, contre 11,7 % en 2017. Les recours aux urgences pour troubles de l’humeur, idées suicidaires et gestes suicidaires ont fortement augmenté à partir de 2021 et se sont maintenus à un niveau élevé. Source : Santé publique
Anxiété
En 2024, 6,3 % des adultes ont connu un trouble anxieux généralisé au cours des douze mois précédents. Parmi les actifs occupés de 18 à 64 ans, la proportion atteint 5,9 %.
Près de 30 % des personnes concernées n’ont engagé aucun recours aux soins en santé mentale. Source : Santé publique
Adolescents
Environ un quart des adolescents interrogés déclarent avoir ressenti de la solitude au cours des douze derniers mois :
- 21 % des collégiens ;
- 27 % des lycéens.
Santé publique France relève également une dégradation des plaintes psychologiques et somatiques, du risque dépressif et des pensées suicidaires au cours du secondaire. Source : Santé publique
La santé mentale n’est plus un signal faible : un adulte sur six a connu un épisode dépressif caractérisé en 2024, tandis que la dégradation apparaît particulièrement forte chez les jeunes et les personnes en situation de précarité ou d’isolement.
Santé physique, maladies chroniques et épuisement du système de soins
En 2023, 14,1 millions de personnes bénéficiaient du dispositif des affections de longue durée. L’Assurance Maladie estime que ce nombre pourrait atteindre 18 millions en 2035.
La dépense moyenne annuelle atteint :
- 9 560 € par patient en ALD ;
- contre 1 230 € pour un patient sans ALD.
Source : Assurance Maladie
En 2022, environ 24 millions de personnes, soit un assuré sur trois, vivaient avec une maladie chronique prise en compte dans la cartographie de l’Assurance Maladie. C’était 1,5 million de plus qu’en 2015. Ces pathologies concentraient près de 60 % des dépenses remboursées. Source : Assurance Maladie
Le déficit de l’Assurance Maladie s’est établi à 13,8 milliards d’euros en 2024. Source : Source : Assurance Maladie
La crise sanitaire ne se résume pas au fonctionnement de l’hôpital : elle résulte aussi de l’augmentation structurelle des maladies chroniques, du vieillissement de la population, de la consommation de soins et de l’épuisement financier du système.
Arrêts maladie et absentéisme
En 2023, les indemnités journalières versées pour les arrêts maladie des salariés du privé et des contractuels de la fonction publique ont atteint 10,2 milliards d’euros.
Les dépenses d’indemnités journalières maladie ont augmenté de 27,9 % entre 2019 et 2023. Source : Assurance Maladie
Le volume des arrêts maladie progressait déjà de 2,3 % par an en moyenne entre 2010 et 2019. Cette hausse s’est accélérée à 3,9 % par an entre 2019 et 2023.
L’étude de la CNAM souligne que :
- les facteurs démographiques et économiques expliquent environ 60 % de la hausse ;
- le reste est lié à une augmentation du recours aux arrêts et de leur durée ;
- les arrêts de plus de six mois représentent seulement 7 % des arrêts, mais 45 % des dépenses ;
- les arrêts ont augmenté plus rapidement chez les femmes.
Source : Assurance Maladie
Les dernières analyses détaillées et homogènes portent principalement sur 2023 ou 2024. Il ne faudra donc pas présenter ces chiffres comme une mesure directe du premier semestre 2026.
Les arrêts maladie ne constituent pas un phénomène né avec le Covid : leur progression était déjà engagée avant 2020 et s’est accélérée depuis, jusqu’à représenter plus de 10 milliards d’euros d’indemnisation annuelle.
Risques professionnels et RPS
Il n’existe pas encore de baromètre public annuel unique permettant d’affirmer que « les RPS ont augmenté de X% en 2025 ». Les données disponibles permettent néanmoins de documenter leurs conséquences et leurs facteurs.
En 2024 :
- les accidents du travail diminuent de 1,1 % ;
- les accidents de trajet progressent de 0,7 % ;
- les maladies professionnelles augmentent de 6,7 % ;
- les troubles musculosquelettiques progressent de 6,6 % ;
- les affections psychiques reconnues comme maladies professionnelles hors tableau augmentent de 9 %.
Source : Assurance Maladie
Les indemnités journalières liées aux accidents du travail et maladies professionnelles atteignent 4,9 milliards d’euros. Source : Assurance Maladie
Une synthèse de l’INRS portant sur plus de 800 études confirme les liens entre l’exposition aux facteurs psychosociaux et :
- la dépression et d’autres atteintes à la santé mentale ;
- les troubles musculosquelettiques ;
- les maladies cardiovasculaires ;
- les accidents du travail ;
- certains comportements à risque.
Source : INRS
Prudence sur le burn-out
Le burn-out ne bénéficie pas, en France, d’un décompte annuel exhaustif et homogène. Les chiffres souvent cités dans les médias proviennent fréquemment de sondages privés, reposant sur des définitions et des méthodes différentes.
Les enquêtes disponibles convergent vers une forte exposition à l’épuisement professionnel, mais la France ne dispose pas encore d’un indicateur public annuel permettant de dénombrer précisément les personnes en burn-out.
Démographie et natalité
En 2025, 643 905 enfants sont nés en France, soit :
- -2,3 % en un an ;
- -24 % depuis 2010.
La baisse se poursuit durant les cinq premiers mois de 2026. Source : INSEE
L’indicateur conjoncturel de fécondité tombe à 1,56 enfant par femme, son plus faible niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Source : INSEE
En parallèle, environ 651 000 décès ont été enregistrés en 2025. Le solde naturel devient donc négatif pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Source : INSEE
La baisse de la natalité n’est plus une variation ponctuelle : les naissances ont reculé d’environ un quart depuis 2010 et sont désormais moins nombreuses que les décès. Il faut néanmoins éviter d’en déduire une cause unique. La fécondité dépend de facteurs économiques, matériels, sociaux, culturels, médicaux et démographiques multiples.
Logement : une crise de l’accès, de l’offre et des conditions de vie
La crise du logement ne se résume pas à la hausse des loyers ou au prix de l’immobilier. Elle touche simultanément :
- l’accès à un logement ;
- la construction neuve ;
- le logement social ;
- l’hébergement d’urgence ;
- le surpeuplement ;
- les impayés ;
- la précarité énergétique ;
- l’adaptation des logements au handicap ;
- les personnes sans domicile.
Une production de logements durablement insuffisante
Sur l’ensemble de l’année 2025, 379 222 logements ont été autorisés à la construction. Ce chiffre progresse de 15 % par rapport à une année 2024 particulièrement basse, mais reste inférieur de 8,8 % à la moyenne des cinq années précédentes. Source : SDES
De juin 2025 à mai 2026, 384 935 logements ont été autorisés, soit encore 5,7 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes. Les mises en chantier restent très irrégulières : 27 115 logements auraient été commencés en mai 2026, après une baisse de 11,5 % en avril et une hausse de 23,5 % en mars. Source : SDES
La construction semble se redresser par rapport au point bas de 2024, mais elle ne retrouve pas encore son rythme moyen antérieur. Il faudra donc parler d’une crise structurelle de la production, et non d’un effondrement continu sans nuance.
Plus de quatre millions de personnes mal logées
La Fondation pour le logement estime à environ 4,2 millions le nombre de personnes mal logées et à 12,3 millions le nombre de personnes fragilisées par leurs conditions de logement. Ces dernières peuvent être confrontées au surpeuplement, aux impayés, à la précarité énergétique, à un effort financier excessif ou à l’inadaptation du logement. Source : Précarité énergie
Parmi les personnes privées de logement personnel figurent notamment environ :
- 350 000 personnes sans domicile ;
- 100 000 personnes vivant dans des habitations de fortune ;
- plus de 640 000 personnes hébergées de manière contrainte chez des tiers.
Source : Fondation pour le logement
L’estimation du nombre de personnes sans domicile aurait augmenté d’environ 145 % entre 2012 et 2025, pour atteindre 350 000 personnes. Source : Emmaüs
Ces chiffres proviennent d’une fondation spécialisée et reposent parfois sur des sources de dates différentes. Ils doivent être présentés comme des estimations documentées, et non comme un recensement administratif exhaustif réalisé la même année.
Le logement social ne parvient plus à absorber la demande
La France comptait 5,4 millions de logements sociaux au 1er janvier 2025. Le parc n’a augmenté que de 0,5 % en un an, avec 71 300 premières mises en location, tandis que 18 100 logements ont été démolis et 10 900 vendus. Source : SDES
Le nombre de demandes de logement social a fortement progressé depuis le début des années 2010, alors que le nombre d’attributions a diminué. Les données diffusées en 2025 font état d’environ 2,8 millions de ménages en attente fin 2024, contre 1,7 million en 2013, et d’environ 380 000 attributions en 2024 contre 500 000 en 2015. Source : Le Monde
Le taux de satisfaction des demandes est passé de 13,1 % en 2019 à 10,1 % en 2023 selon les données reprises du panorama du logement social. Source : Le Monde
La France dispose d’un parc social important, mais sa progression ne suffit plus à absorber l’augmentation des demandes et la baisse de la mobilité résidentielle.
Le logement amplifie les autres vulnérabilités
Le logement agit directement sur :
- la santé physique ;
- la santé mentale ;
- le sommeil ;
- l’accès à l’emploi ;
- la scolarité ;
- les relations familiales ;
- la sécurité ;
- l’autonomie ;
- la capacité à se projeter.
Il constitue donc l’un des nœuds les plus évidents de l’interconnexion entre crise économique, crise sociale et crise sanitaire.
Endettement public : une amélioration du déficit, mais une dette toujours plus élevée
Le déficit public se réduit en 2025
En 2025, le déficit public français atteint 152,5 milliards d’euros, soit 5,1 % du PIB, après :
- 5,8 % en 2024 ;
- 5,4 % en 2023.
Source : INSEE
Il s’améliore donc par rapport à 2024, mais reste très supérieur au seuil européen de 3 % du PIB. Source : INSEE
La dette continue toutefois d’augmenter
La dette publique atteint 115,6 à 115,7 % du PIB fin 2025, contre :
- 112,6 % en 2024 ;
- 109,8 % en 2023 ;
- 97,9 % en 2019.
Source : Ministère de l’Économie
Elle représentait environ 3 482 milliards d’euros au troisième trimestre 2025, avant de légèrement diminuer en fin d’année sous l’effet des variations de trésorerie et du PIB.
| Années | Dette publique en % du PIB |
|---|---|
| 2019 | 97,9 % |
| 2022 | 111,9 % |
| 2023 | 109,8 % |
| 2024 | 112,6 % |
| 2025 | 115,7 % |
Le déficit annuel s’est réduit en 2025, mais la dette cumulée continue de progresser et représente près de 116 % de la richesse produite en une année.
La dette ne constitue pas à elle seule une preuve de crise. Elle réduit cependant les marges de manœuvre pour financer simultanément :
- la santé ;
- l’école ;
- le logement ;
- la protection sociale ;
- la transition écologique ;
- la défense ;
- le soutien aux entreprises ;
- les collectivités ;
- les associations.
Endettement privé et surendettement : des ratios en repli, mais des fragilités persistantes
Les ménages et les entreprises restent davantage endettés que leurs voisins
Fin 2025, l’endettement privé non financier français représente 134,6 % du PIB, contre 103,8 % dans la zone euro. Source : Banque de France
Le taux d’endettement des ménages français recule à :
- 59,1 % du PIB ;
- environ 90 % de leur revenu disponible brut.
Il reste néanmoins nettement supérieur à celui des ménages allemands, espagnols ou italiens. Source : Banque de France
L’endettement brut des sociétés non financières atteint 75,5 % du PIB, contre 53,3 % pour la moyenne de la zone euro. Source : Banque de France
Il serait donc inexact d’affirmer que l’endettement privé explose en 2025 : son poids global recule légèrement. En revanche, il reste structurellement très élevé.
Le surendettement repart à la hausse
En 2025, 148 013 dossiers de surendettement ont été déposés en France hexagonale, soit environ 9,8 % de plus qu’en 2024. Les commissions ont orienté 142 670 dossiers vers une solution, en hausse de 8,8 % sur un an. Source : Banque de France
L’endettement total des ménages surendettés représente environ 5 milliards d’euros, en hausse de 11,1 % en un an. Source : Banque de France
La dette à la consommation représente 44 % de l’endettement global de ces ménages et apparaît dans 73,3 % des dossiers. Les dettes de charges courantes, notamment de logement, d’énergie et d’impôts, apparaissent dans environ trois dossiers sur quatre. Source : Banque de France
L’endettement moyen des ménages diminue relativement au PIB, mais le nombre de ménages qui ne parviennent plus à faire face à leurs dettes augmente nettement.
Cette distinction sera très importante : une moyenne nationale peut s’améliorer alors que la situation des foyers les plus fragiles se dégrade.
Hôpital : une activité sous pression et des déficits records
Le déficit des hôpitaux publics atteint un niveau inédit
En 2023, le déficit global des hôpitaux publics atteignait 2,4 milliards d’euros, contre :
- 1,3 milliard en 2022 ;
- 565 millions en 2019.
Source : DREES
Pour 2024, la DREES l’estime entre 2,7 et 2,9 milliards d’euros, soit environ 2,5 % de leurs recettes. Il s’agit du niveau le plus élevé observé depuis 2005. Source : DREES
| Années | Déficit des hôpitaux publics |
|---|---|
| 2019 | 565 millions d’euros |
| 2022 | 1,3 milliard |
| 2023 | 2,4 milliards |
| 2024 | 2,7 à 2,9 milliards |
La dégradation ne correspond donc pas uniquement à une perception des professionnels : elle est également financièrement mesurable.
Les urgences accueillent davantage de patients, plus longtemps
Lors de la journée d’enquête nationale de juin 2023, 58 500 patients ont été accueillis aux urgences, contre environ 51 800 à 52 000 lors de l’enquête comparable de 2013, soit une hausse d’environ 13 % en dix ans. Source : DREES
En 2023, la moitié des patients y restaient plus de trois heures, soit 45 minutes de plus qu’en 2013. Pour les personnes âgées de 75 ans ou plus, 36 % y passaient plus de huit heures. Source : DREES
Un patient sur cinq déclarait s’être rendu aux urgences en raison de difficultés d’accès aux soins de ville. Source : Le Monde
Une crise qui dépasse l’hôpital lui-même
La saturation hospitalière est alimentée par :
- le vieillissement ;
- les maladies chroniques ;
- le manque de médecins dans certains territoires ;
- les difficultés d’accès aux soins ambulatoires ;
- le manque de solutions d’aval ;
- les conditions de travail ;
- les absences ;
- les contraintes budgétaires.
Elle devient à son tour une source :
- de retards de prise en charge ;
- de perte de chance ;
- d’épuisement professionnel ;
- d’arrêts maladie ;
- de départs ;
- de défiance envers le système de soins.
Le déficit des hôpitaux publics a été multiplié par cinq entre 2019 et 2024, tandis que les urgences accueillent davantage de patients et les gardent plus longtemps.
Éducation : des fragilités multiples, mais pas un effondrement uniforme
Certains résultats se dégradent, les inégalités demeurent élevées et le recrutement est en tension, mais tous les indicateurs ne baissent pas simultanément.
Les résultats internationaux se sont fortement dégradés
Les résultats de PISA 2022 ont montré une forte baisse des performances françaises, notamment en mathématiques et en compréhension de l’écrit. La France reste proche de la moyenne de l’OCDE, mais la baisse y a été particulièrement importante et les écarts selon l’origine sociale restent élevés. Les résultats complets de PISA 2025 ne sont pas encore disponibles ; l’enquête a concerné environ 10 000 élèves dans 352 établissements français. Source : DEPP – PISA
L’absentéisme reste élevé et très inégalement réparti
Durant l’année scolaire 2024-2025, 7 % des élèves du second degré public ont été absents sans justification au moins quatre demi-journées au cours d’un mois moyen. Cette proportion est stable par rapport à l’année précédente.
Elle atteint toutefois :
- 4 % dans les collèges ;
- 10 % dans les lycées généraux, technologiques ou polyvalents ;
- 19 % dans les lycées professionnels.
Environ 2 % du volume annuel d’enseignement est perdu du fait de ces absences non justifiées. Source : DEPP
Depuis vingt ans, l’absentéisme oscille globalement entre 4 % et 7 %. L’indicateur ne montre donc pas une explosion générale, mais une persistance élevée, particulièrement concentrée dans les établissements et les populations les plus défavorisés. Source : DEPP
La crise du recrutement enseignant s’installe
En 2025, plus de 1 700 postes ouverts aux concours de l’enseignement public seraient restés vacants, auxquels s’ajoutaient 278 postes dans le privé. Il s’agissait de la quinzième année consécutive durant laquelle tous les postes proposés n’étaient pas pourvus. Source : Le Monde
Cette difficulté touche particulièrement :
- certaines académies ;
- les mathématiques ;
- les lettres classiques ;
- la physique-chimie ;
- les territoires ultramarins ;
- les zones où le coût du logement est élevé.
Ces chiffres proviennent des résultats de concours et d’analyses journalistiques.
Les écarts sociaux restent déterminants
Les élèves français issus des milieux les plus favorisés obtiennent des résultats très supérieurs à ceux des milieux défavorisés. Cette dépendance entre origine sociale et réussite est plus marquée en France que dans de nombreux systèmes éducatifs comparables. Source : Observatoire des inégalités
La crise éducative ne correspond pas à une baisse uniforme de tous les élèves. Elle associe diminution de certains acquis, fortes inégalités sociales, absentéisme persistant et difficultés de recrutement des professionnels.
Violences : une évolution contrastée, mais une hausse des violences contre les personnes
Le mot « violences » recouvre des réalités très différentes. Il est essentiel de distinguer :
- les atteintes aux biens ;
- les violences physiques ;
- les violences sexuelles ;
- les violences intrafamiliales ;
- les homicides ;
- la délinquance liée aux stupéfiants.
Les violences physiques et sexuelles enregistrées augmentent
En 2025, les forces de sécurité ont enregistré :
- 473 000 victimes de violences physiques, soit +5 % sur un an ;
- 132 300 victimes de violences sexuelles, soit +8 % sur un an.
Source : Ministère de l’Intérieur
Parmi les victimes de violences physiques :
- 54 % ont subi ces violences dans un cadre familial ;
- 114 500 étaient mineures.
Parmi les victimes de violences sexuelles :
- 76 200 étaient mineures, soit 58 %.
Source : Ministère de l’Intérieur
Les enregistrements étaient respectivement de 444 700 victimes de violences physiques et 114 100 victimes de violences sexuelles en 2023. Source : Ministère de l’Intérieur
Tous les indicateurs de délinquance n’augmentent pas
En 2025 :
- les cambriolages de logements diminuent de 3 % ;
- les vols de véhicules baissent de 9 % ;
- les vols dans les véhicules baissent de 9 % ;
- les homicides restent stables, avec 975 victimes ;
- les infractions liées au trafic de stupéfiants progressent de 9 %.
Source : Ministère de l’Intérieur
La situation est donc contrastée : les atteintes aux biens reculent pour plusieurs catégories, tandis que les violences enregistrées contre les personnes augmentent.
Une nouvelle hausse observée à la mi-2026
En juin 2026, l’indicateur conjoncturel des violences physiques intrafamiliales augmente de 13 % sur un mois, tandis que les violences physiques hors cadre familial et les vols avec armes progressent de 4 %. Une variation mensuelle ne doit toutefois pas être assimilée à une tendance annuelle durable. Source : Ministère de l’Intérieur
L’augmentation des faits enregistrés peut résulter à la fois :
- d’une hausse réelle des violences ;
- d’une plus grande propension à porter plainte ;
- d’une meilleure prise en compte institutionnelle ;
- de modifications des pratiques d’enregistrement.
Les atteintes aux biens ne progressent pas toutes, mais les violences physiques, sexuelles et intrafamiliales enregistrées atteignent des niveaux préoccupants, particulièrement pour les femmes et les mineurs.
Isolement et solitude : un phénomène social devenu structurel
L’isolement objectif et le sentiment de solitude sont deux notions différentes :
- l’isolement correspond à la faiblesse des relations sociales effectives ;
- la solitude correspond au ressenti subjectif d’un manque de relations satisfaisantes.
Les baromètres disponibles indiquent que plusieurs millions de personnes vivent en situation d’isolement relationnel. Les estimations fréquemment reprises évoquent environ 5,5 millions de personnes socialement isolées en France.
Les travaux récents de la Fondation de France montrent également que le sentiment de solitude ne concerne plus seulement les personnes âgées. Il toucherait particulièrement les jeunes adultes : environ un tiers des 25-39 ans déclareraient se sentir seuls. Source : Fondation de France
Ce phénomène peut être renforcé par :
- la précarité ;
- le chômage ;
- la maladie ;
- le handicap ;
- les ruptures familiales ;
- la mobilité ;
- le télétravail subi ;
- la dématérialisation des services ;
- la disparition des commerces et services de proximité ;
- l’usage intensif des écrans ;
- la perte des espaces collectifs.
Les chiffres précis diffèrent selon :
- la définition de l’isolement ;
- la fréquence des contacts retenue ;
- l’âge de la population ;
- la période d’enquête ;
- le fait de mesurer l’isolement objectif ou le sentiment de solitude.
Importance systémique = l’isolement peut simultanément être :
- la conséquence d’une fragilisation économique ou sanitaire ;
- un facteur d’aggravation de la santé mentale ;
- un frein au retour à l’emploi ;
- un obstacle dans les démarches administratives ;
- une cause de renoncement aux soins ;
- un facteur de vulnérabilité face aux violences et aux addictions.
Selon les enquêtes disponibles, plusieurs millions de personnes vivent en situation d’isolement relationnel en France, tandis que le sentiment de solitude touche désormais fortement les jeunes adultes.
Confiance institutionnelle : une profonde crise de la représentation politique
Le Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF publié en 2025 documente une forte défiance politique en France. Source : SciencesPO
Environ :
- 74 % des Français déclarent se méfier de la politique ;
- 71 % considèrent que la démocratie fonctionne mal ;
- 45 % estiment que les élections ne permettent plus réellement de changer les choses ;
- 68 % considéraient alors le gouvernement comme insuffisamment légitime.
Source : Le Monde
Ces résultats ont été recueillis après la dissolution de l’Assemblée nationale de juin 2024, les élections législatives anticipées et une période d’instabilité gouvernementale. Ils doivent donc être replacés dans ce contexte politique particulier.
La défiance ne concerne toutefois pas toutes les institutions de la même manière. Les Français accordent généralement davantage de confiance :
- aux maires ;
- aux services publics de proximité ;
- aux soignants ;
- aux scientifiques ;
- aux associations ;
qu’aux partis politiques, au Parlement ou au gouvernement.
La crise de confiance ne correspond pas à un rejet uniforme de toutes les institutions. Elle concerne surtout la représentation politique nationale, la capacité à décider et la perception de l’efficacité démocratique.
Effet systémique = la défiance institutionnelle peut produire :
- de l’abstention ;
- une moindre adhésion aux politiques publiques ;
- une progression des discours radicaux ;
- des tensions sociales ;
- une difficulté à faire accepter les réformes ;
- une moindre coopération entre citoyens et institutions.
En retour, l’instabilité, les difficultés économiques et la dégradation des services publics renforcent cette défiance.
Tissu associatif : un amortisseur social lui-même fragilisé
Les associations jouent un rôle essentiel dans :
- l’aide alimentaire ;
- l’hébergement ;
- la protection de l’enfance ;
- la santé ;
- le handicap ;
- le sport ;
- la culture ;
- l’éducation populaire ;
- l’insertion ;
- la lutte contre l’isolement ;
- l’accompagnement administratif ;
- la protection de l’environnement.
Elles constituent donc l’un des principaux mécanismes de compensation lorsque les individus, les familles ou les institutions ne parviennent plus à répondre seuls aux besoins.
Un poids économique et social majeur
Le tissu associatif français représente environ :
- 1,3 à 1,5 million d’associations actives selon les périmètres retenus ;
- près de 1,8 million de salariés ;
- environ un emploi privé sur dix ;
- plusieurs millions de bénévoles réguliers ou occasionnels.
Source : Le Monde
Les mesures du bénévolat diffèrent fortement selon le mode de comptabilisation :
- des bénévoles réguliers ;
- des personnes donnant quelques heures par an ;
- des adhérents ;
- des participations multiples d’une même personne.
Il sera donc préférable de ne pas afficher un chiffre unique de bénévoles sans préciser la méthode.
Une santé financière fortement dégradée en 2025
Une enquête du Mouvement associatif menée auprès de plus de 5 000 structures en 2025 indiquait que :
- 31 % disposaient de trois mois de trésorerie ou moins ;
- 6 % ne disposaient d’aucune trésorerie ;
- près de 40 % envisageaient de réduire ou de supprimer des emplois.
Source : Le Monde
Les associations étaient confrontées simultanément :
- à la hausse des salaires et des charges ;
- à l’inflation ;
- aux retards de versement ;
- à la baisse ou à l’incertitude des subventions ;
- à l’augmentation des besoins sociaux ;
- à l’épuisement des salariés et bénévoles.
La part des financements publics sous forme de subventions générales a diminué depuis le milieu des années 2000, au profit de commandes publiques et d’appels à projets souvent plus complexes, plus concurrentiels et moins prévisibles. Source : Le Monde
Un risque d’effet domino
La fragilisation associative peut avoir des conséquences très supérieures à son seul poids économique.
Lorsqu’une association ferme ou réduit son activité :
- des personnes perdent un accompagnement ;
- les familles doivent compenser ;
- les services publics sont davantage sollicités ;
- l’isolement augmente ;
- les professionnels sociaux perdent un partenaire ;
- les bénévoles s’épuisent ;
- certains besoins deviennent invisibles.
Les associations sont sollicitées pour amortir les conséquences de la crise économique et sociale au moment même où leurs propres ressources humaines et financières se fragilisent.
Conclusion
Selon les données disponibles, la France ne connaît pas une dégradation uniforme de tous ses indicateurs. Elle cumule néanmoins des tensions économiques, sociales, sanitaires, professionnelles, démographiques et institutionnelles nombreuses, persistantes et susceptibles de s’alimenter mutuellement.
Une entreprise ferme. Des emplois disparaissent. Les revenus diminuent. Les risques de surendettement et de perte de logement augmentent. La santé se dégrade. Les arrêts maladie progressent. Les familles et les associations compensent. Les services publics sont davantage sollicités alors même que leurs ressources sont contraintes. La défiance augmente.
Observés séparément, ces phénomènes relèvent de statistiques différentes. Observés ensemble, ils commencent à former un système.
